Changer une ampoule était simple quand il n'existait qu'une puissance et un culot. Avec la LED, l'étiquette porte cinq ou six chiffres et le rayon devient illisible. Voici ce que chacun veut dire, et lesquels comptent vraiment.
Le culot : la seule donnée non négociable
Le culot est la partie qui se visse ou s'enfiche dans la douille. Si vous vous trompez, l'ampoule ne rentre pas — c'est donc le premier chiffre à vérifier.
E27 est le grand culot à vis, le plus répandu : suspensions, lampadaires, plafonniers. E14 est son petit frère, utilisé sur les lampes de chevet, les appliques et les luminaires décoratifs. GU10 est un culot à broches qui se pousse et se tourne d'un quart de tour, typique des spots encastrés. G9 est un petit culot à deux broches droites, fréquent dans les luminaires compacts.
La lettre indique le type de fixation, le nombre indique un diamètre ou un écartement en millimètres. Un E27 mesure 27 mm de diamètre, un GU10 a 10 mm entre ses broches.
Lumens et watts : ne confondez plus
Le lumen mesure la quantité de lumière émise. C'est lui qui détermine si la pièce sera bien éclairée. Le watt mesure l'électricité consommée. Avec les ampoules à incandescence, les deux allaient de pair, et l'habitude s'est installée de raisonner en watts. Avec la LED, le lien est rompu : une LED de 9 W peut produire autant de lumière qu'une ancienne ampoule de 60 W.
Quelques repères en lumens : environ 250 lm pour une lampe d'ambiance, 800 lm pour l'équivalent d'une ancienne 60 W, 1 500 lm pour éclairer confortablement une pièce moyenne au plafond. Pour une pièce de vie, comptez grossièrement 100 à 150 lumens par mètre carré, répartis sur plusieurs sources plutôt que concentrés sur une seule.
La puissance maximale du luminaire
Chaque luminaire indique une puissance maximale admissible, souvent 40 ou 60 W. Cette limite existe pour des raisons thermiques : au-delà, l'abat-jour, la douille ou le câblage chauffent trop.
Elle s'exprime en watts, donc en consommation réelle. Une LED de 9 W respecte largement une limite de 40 W, même si elle éclaire comme une ancienne 60 W. C'est justement l'intérêt : vous gagnez en lumière sans approcher la limite thermique.
Dimmable ou non
Toutes les LED ne se variant pas, l'étiquette doit le préciser. Brancher une LED non prévue pour cela sur un variateur produit un scintillement, un bourdonnement, ou une extinction brutale en bas de course — et use l'ampoule prématurément.
Le même avertissement vaut pour les luminaires à LED intégrée : s'ils ne sont pas annoncés dimmables, aucun variateur ne les rendra tels. Vérifiez ce point avant l'achat plutôt qu'après la pose du variateur.
L'indice IP, indispensable dehors et près de l'eau
L'indice de protection se lit IP suivi de deux chiffres. Le premier décrit la résistance aux corps solides et à la poussière, le second la résistance à l'eau. Plus les chiffres sont élevés, plus la protection est forte.
Dans un séjour ou une chambre, cet indice n'a pas d'importance. Il en prend une dès qu'il y a de l'eau : autour d'une douche ou d'une baignoire, la réglementation impose des niveaux différents selon la distance au point d'eau. En extérieur exposé à la pluie, il faut un indice nettement plus élevé qu'à l'abri sous un auvent.
C'est le seul chiffre de cette page qui relève de la sécurité et non du confort : ne l'approximez pas.
La durée de vie annoncée
Les LED affichent des durées de vie en heures, souvent 15 000 à 50 000. Ce chiffre correspond au moment où le flux lumineux tombe sous un certain pourcentage de sa valeur initiale, pas à l'extinction. Une LED ne grille généralement pas d'un coup : elle faiblit.
Retenez surtout qu'une durée de vie longue ne compense jamais une teinte mal choisie. Vous vivrez plusieurs années avec cette lumière — autant qu'elle soit la bonne dès le départ.

